L'Action communautaire : une pratique en quête de sens

Compte rendu de l’atelier de lecture

mercredi 22 septembre 2010, de 12H00 à 14H00

au 660 Villeray

 

Présentation de Gaël Morin-Greene

 

Lecture d’aujourd’hui : L’Action communautaire : des pratiques en quête de sens  d’Henri Lamoureux

Présences :

Isabel Barrera, Pastorale sociale

Sonia Haddad, Centre de femmes d’ici et d’ailleurs

Clémence Racine, Maison des grands-parents

Gaël Morin-Greene, Association des locataires de Villeray

Ramon Ponce, Projet Villeray dans l’Est

Carole Mayer, Solidarités Villeray

Andrés Fontecilla, Solidarités Villeray

Mourad Bouamoucha, Solidarités Villeray

 

Une brève présentation du contenu du livre a été faite par Gaël résumant la réflexion produite par Monsieur Lamoureux sur l’action communautaire.

Trois étapes ont caractérisé l’histoire de l’action communautaire au Québec :

En premier lieu, le développement du milieu communautaire québécois s’est fondé sur l’idée ecclésiastique de la charité.

En deuxième lieu, les citoyens se sont approprié le mouvement  communautaire à travers diverses initiatives le rendant ainsi mieux organisé et  de surcroît reconnu par l’État.

Enfin, la dernière étape où le mouvement se consolide par la participation financière de l’État et en revêtant une logique gestionnaire.

Mais la situation actuelle qui est logiquement la suite de la dernière étape distingue  le mouvement communautaire par son caractère de professionnalisation.  Du coup le personnel du monde communautaire est de plus en plus formé et même mieux : il est devenu professionnel, reléguant ainsi le citoyen au deuxième rang. Ce constat est bien mis en évidence par l’auteur qui ajoute que  le financement de plus en plus important de l’État,  mais financement de plus en plus lié à des contrats de service, fragilise le communautaire en le rendant comme un sous-traitant de l’État.

C’était donc les grandes lignes de la présentation de cette monographie d’Henri Lamoureux traitant du communautaire. Rappelant que le but de ces rencontres ce n’est pas de présenter exhaustivement les points traités par l’ouvrage en question  mais tout bonnement donner  une idée générale qui susciterait une réflexion de groupe pouvant nous aider dans notre démarche stratégique.

Discussion

Inutile de vous dire qu’un tel sujet a suscité l’intérêt de tout le monde car tout de suite après cette présentation les langues se sont déliées pour réagir au sujet.

Des questionnements, des commentaires et des idées s’en sont alors dégagés :

  • La professionnalisation du mouvement communautaire est une étape logique due à son institutionnalisation comme tout autre mouvement ou idéologie,
  • C’est grâce à l’éducation populaire que le mouvement communautaire a su s’organiser et obtenir gain de cause pour des revendications légitimes,
  • Devant la complexification de la société et l’évolution de l’appareil de l’État le communautaire devrait former des interlocuteurs parlant le langage du pouvoir, histoire de ne pas se faire piéger,
  • On ne réussit pas à mobiliser pour les revendications car on ne prend pas le temps qu’il faut pour préparer la mobilisation,
  • Le défi c’est d’aller chercher le financement pour la mission de base pour les organismes communautaires,
  • L’entrée en jeu des bailleurs de fonds privés et leur influence sur les politiques sociales de l’État,
  • Il ne faut surtout pas déléguer car c’est dans cette action que le Communautaire perd le pouvoir,
  • Le Communautaire est éparpillé et il faut lui trouver une instance fédératrice,

Ce sera tout pour cette première rencontre. On souhaiterait, par ailleurs, que lors des  prochaines rencontres l’assistance sera grossie de quelques personnes de plus. Ainsi l’atelier sera ouvert aux autres employés des organismes membres du CCSV, à leurs membres du conseil d’administration et leurs participants.

La prochaine rencontre a été fixée pour le jeudi 21 octobre 2010 à l’heure du dîner et durera deux heures (12H00 à 14H00). Vous pouvez apporter votre lunch et la discussion pourra se dérouler même si certains d’entre nous auront la bouche pleine ; on pourrait parler entre deux bouchées.

Merci à Gaël pour sa présentation et merci à tout le monde pour votre participation à cette rencontre.